

Une fois n'est pas coutume, partons de Singapour!
Cette fois ci un petit plus, c'est chinese new year et à Singapour cela signifie lundi et mardi fériés!
Après avoir subi quelques revers en décembre lors du choix de la destination (tout SIN part en vacances... impossible de trouver des vols) on est finalement tombé sur notre 4éme choix: Surabaya sur l'île de Java en Indonésie. Autant vous le dire tout de suite on regrette pas!
On signifie Gauthier (déjà partenaire d'aventure aux philippines, zoukout et autre animation asiatique) et moi. Départ donc vendredi à 13h (bon d'accord pas très sérieux mais bon on avait pas le choix!) sans guide, sans trop d'info, à l'aventure. Le programme à l'origine était de gravir le volcan Semeru, un volcan encore en activité de plus de 3600m. On devait donc rejoindre ce massif avec tout l'équipement du bon campeur. Riche de toutes ces informations, on prend un taxi (après un bargainage difficile) direction Cemeru Lavang, un petit village sur la crête de l'ancien cratère au milieu duquel se trouve le Bromo, un petit volcan, lui aussi en activité. Cette étape, très courue par les touristes (beaucoup de tour operateur organise cette destination depuis Bali et autre gros spot touristique de l'indonesie) était necessaire pour qu'on s'organise pour rejoindre Ranu Pani, un autre petit village, de l'autre coté de cet immense cratère, au pied du fameux Semeru, volcan lui aussi en activité, culminant à plus de 3600m d'altitude dont les effusions, souvent qualifiées de metronomiques, ont lieu toutes les demi-heures. Après une courte nuit, levé à 3h30 du mat pour grimper dans un 4x4 direction le view point, pour admirer le levé de soleil sur le Bromo, la caldeira (l'ancien cratère) et le Semeru en arrière-plan crachant sa fumée par à coup. Je reprend: pour voir Semeru en arrière-plan crachant sa fumée par à coup, au dessus d'une mer de nuage... pas de Bromo en vue aujourd'hui!


Après les séances photos obligatoires (qui faut le dire mérite carrément le détour) on descend dans la caldeira toujours avec notre tout-terrain, pour rejoindre la base du Bromo, dans la brume.

Voulant économiser nos forces pour l'ascension du Semeru et gagner du temps (il faut qu'on commence notre expédition semerusienne avant 9h...) on opte pour le canasson. Bon faut voir les chevaux, surtout avec des grands dadais comme nous dessus... Bon honnêtement, la par contre il y avait pas grand chose à voir, on est allé au sommet de ce cratère et on avait de la peine à différencier la fumée sortant du volcan de la brume...

Durant la descente on a croisé tout les touristes (pas mal d'indonésiens) sur qui on avait prit de l'avance, qui ont bien rigolé en nous voyant, particulièrement Gauthier qui trainait les pieds tellement son cheval était petit! Retour à notre Jeep pour repartir à travers la Caldeira.

Là, plus aucun touriste. On s'aventure sur un petite route pour grimper sur l'autre versant du cratère puis redescendre derrière au milieu de plantation de choux et autres légumes sur cette terre volcanique particulièrement fertile. Arrivés dans ce petit village, on arrive au "bureau des guides" et on réveil le gars qui tient la garde pour lui faire part de nos intentions. Not possible not possible... Ah oui j'ai oublié de vous dire, on est en Indonésie... les gens ne parlent pas anglais... not possible not possible, on a pas fait tout ce trajet pour avoir seulement cette réponse... surtout qu'on avait déjà demandé à l'hôtel qui nous avait que c'était possible. On nous montre une feuille de je ne sais quel ministère en indonésien... trop cool! Retour dans le village pour qu'on rencontre LA personne parlant anglais! Une jeune hyper cool (bon pas toutes ses dents mais hyper cool quand même...) qui nous explique dans son plus belle anglais (très proche de l'indonésien l'anglais...) que le Semeru est interdit d'accés pour plus de 3 mois en raison d'une activité plus importante que d'habitude. Bon ok, on va pas faire les marioles, les fumées de ce volcan sont hyper toxiques... abandon. Elle est aussi étonnée quand on lui dit qu'on est français, "je comprend pas il y a que des français qui viennent ici depuis qu'il est fermé le volcan, vous avez aucune information???" lol. Bref retour à l'hotel. On est trop content d'avoir déboursé autant de sous pour aller jusque dans ce village pour rien mais bon... c'est comme ça!
Alors voilà comment notre programme tombe à l'eau... problème: on avait que celui là! Et sans guide, et bien pas facile de savoir quoi faire! Après de longues minutes de discussion intense toujours dans un anglais parfait on sort de la discussion avec deux possibilités: Le volcan Ijen avec son lac turquoise et sa mine de souffre ou Jogjakarta et le temple budu budur. Bon on a un peu de temps pour réfléchir, de toute façon il faut qu'on retourne dans la vallée direction probolingo. On prend donc un minibus avec poules et autre bazar indonésien. Au milieu du trajet, deux potes jeunes retraités backpakers montent à leur tour, arborant fièrement l'écusson de l'ESTAC. Pour tout ceux qui ne le savent pas (vous devez être pas mal dans ce cas la je pense...) il s'agit de l'équipe de foot de Troyes, près de chez mes grand-parents! Je jette un "Salut les troyens!". Autant vous dire qu'ils ont été pas mal étonné de cette interpellation au milieu de la jungle indonésienne! On discute donc, et il s'avère que eux se dirigent vers Ijen avec un tout petit peu plus d'information que nous mais pas grand chose. On décide donc de faire route commune. Arrivés à Probolingo, on prend nos tickets direction Bondowoso, avec AC svp! Après un petit lunch à la gare routière on monte dans le bus... sans clim! Bah oui forcement, le bus avec clim est cassé aujourd'hui, on nous rembourse la différence et hop c'est partie! Bon je vous dit tout de suite, le bus indonésien, c'est folklo!

Pas de TV mais on a quand même du spectacle, chanteurs, vendeurs d'objets insolites et autres guignols montent chacun leur tour à bord pour distraire et se faire un peu de sous. Quelques heures de bus plus tard (on est parti du volcan à 10h) on arrive à Bondowoso. Il est 17h et le dernier bus pour Sempol, le village que l'on doit rejoindre qui se trouve prés du Ijen partait à 16h! Étant donné qu'on est 4, on décide d'affréter une voiture pour nous emmener la-bas: un scandale! Personne dans la gare routière à part 2 minibus qui ne vont pas à Sempol...ça sent le roussie pour nous jusqu'à ce que le chauffeur de l'un d'eux nous "aide" à trouver un transport. Un minibus dans un garage de l'autre coté de la route nous accoste et nous lance un prix, 500 000 ringits: du vol! On bargain, on bargain, on arrive à descendre à 400 000, mais le gars descendra pas plus bas. C'est cher mais on a pas trop le choix, on veut pas rester là, il est déjà tard (on est levé depuis 3h30), ça fait 20min qu'on négocie et personne d'autre à l'horizon... bon ok! Soudain, plein d'autres minibus arrivent comme par magie! Cool du potentiel pour baisser le prix... le seul problème, l'indonésien est rusé! Un gars nous propose 50 000 ringits et passe comme par magie à 500 000 lorsque le fameux chauffeur balance quelques mots en indonésien! Et oui, ils savent qu'on est prêt à payer 400 000 donc forcement on se passe le mot! On comprend le truc et on se rend compte qu'on pourra rien y faire, on négocie encore 50 000 ringit de moins, on paye le gars et hop c'est partie. En passant notre chauffeur reverse un généreux bakchich à notre cher ami, on s'est bien fait rouler! Quel scandale! On arrive à destination, l'hotel arabica et la malheur c'est complet! reservé pour le tournage d'un film! L'autre hotel se trouve a plus de 7km et quand vous connaissez les routes indonésiennes dans cette arrière pays, autant vous dire que c'est loin! Le chauffeur ne veux pas nous y emmener, il fait déjà nuit et il doit retourner chez lui. C'est balo tout ça, il nous pose devant le poste de police (où il n'y a personne). 4 guignolos perdus without plans! On trouve finalement un villageois d'accord de nous emmener en moto jusqu'à blawan avec ses potes, c'est parti sur nos motorbikes, de nuit, au milieu de la jungle avec nos gros sacs! On arrive finalament à l'hotel, au milieu d'une usine de café où les autres touristes (pour la plus part des gens que l'on a rencontré déjà au bromo) sont déjà attablés, douchés... car eux sont tous en tour organisé avec chauffeur et compagnie. Bref on arrive la tel des extraterrestres! Crevé par cette longue journée, on refuse de se lever encore à 3h30 du mat pour grimper le Ijen, nous on se levra à 8h, punkt schluss!
Debout, on renfourche les bécanes pour le pied du Ijen, sillonnant sur les routes au milieu des plantations de café (arabica) et de macadamia. C'est parti pour la montée, une bonne heure et demie de grimpette tout au long desquelles on croise une armée d'indonésien transportant dans deux paniers des immenses morceaux de souffre. On croise aussi nos potes qui eux ce sont levé aux aurores pour... pas grand chose puisque qu'il y a avait trop de fumée ce matin et qu'ils ont du attendre 8h pour descendre dans le cratère. En arrivant sur la crête, le paysage est désolé, les arbustes à moitié calcinés, les vapeurs de souffre brûlent la gorge et piquent les yeux mais le panorama... impressionnant!

Un lac turquoise règne au milieu du cratère, une couleur si intense qu'elle parait très artificielle. On décide donc de continuer sur les conseils de nos amis et de descendre en bas voir le lieu ou la Terre crache! La descente est assez laborieuse, déjà pour nous, en raison de la fumée qui suivant les caprices du vents nous emprisonne malgré nos foulards imbibés d'eau. Imaginez alors ce que c'est pour les porteurs avec leur 80kg de souffre sur le dos...


A notre étonnement, beaucoup d'entre eux baragouinent quelques mots de français. La raison: on est sur les traces de Mr le pacte écologique alias Nicolas Hulots! C'est la où on se dit que certain on la belle vie... parcourir le monde à la découverte de lieux aussi magique... bon d'accord, j'en fais un peu partis en ce moment... On arrive donc en bas et là, c'est vraiment impressionnant, déjà en raison du volcan qui crache cette fumée avec une puissance assez folle, mais aussi par les gars qui bosse là à récupérer le souffre au milieu de cet environnement agressif. Je sais pas ce que c'est leur durée de vie mais vue comme ils crachent leurs poumons... c'est assez choquant.
La descente se passe aussi bien que la montée mis à part que le temps commence à se gater. nous qui avions prévus de marcher 14km pour rentrer à l'hotel... Arrivé en bas on décide d'essayer de se faire pousser jusqu'à Sempol et de faire seulement 7 bornes. Seul hic, nos chauffeurs, comme convenu, ne sont pas restés. On demande un peu au tour de nous mais c'est tous des trucs organisés. Jusqu'à ce que... "No problem No problem, My community will help you!!" Community community, qu'est ce qu'elle raconte, dans quoi on est tombé, un truc religieux, un truc politique... non non une communauté de... motard! La Pulsar motorbike community! On en croit pas nos yeux/oreilles/...

Le chef (Iwe) vient vers nous, et s'est partie. On devient très vite les meilleurs amis du monde. S'en suit une séance photo digne d'un défilé de mode, tu m'étonnes, ils sont 60 quand même, ça en fait des appareils photo ;-) Après une longue discussion hyper intéressante sur l'Indonésie, sa politique et tout le tralala, Iwe et un autre de ses potes nous embarquent à bord de leur bolide pour nous redescendre en village.

Juste comme ça, pour rendre service, choses aux quelles on a plus trop l'habitude en Asie. On continue ensuite notre petite pour arriver à l'hotel aux alentours de 1pm: l'heure du casse-croute! Et comme on avait prévu de gravir le Semeru, on a tous ce qu'il faut: du saucisson! Importé direct de France! Autant vous dire, c'est bien passé! On continue notre aprem avec 2 singapouriens qui trainaient par la pour aller voir la waterfall et les hotsprings où toutes les familles viennent prendre un bon bain. On se rend compte qu'on est train de devenir l'attraction du moment, je sais pas sur combien de cheminée indonésienne on va être exposé mais un certain nombre... ah ils ont pas de cheminées... On termine notre longue journée par une partie de foot endiablée avec les petits du village, pieds nus sur un terrain en gravier! Mémorable (surtout pour mes pieds, qui 4 jours après ne s'en sont pas encore remis!). Reste un problème à résoudre... que faire demain (lundi!). Bon déjà on va visiter l'usine de café dans laquelle on se trouve, et d'après les 2 singapouriens il y a de l'activité vers 6h du mat... ça promet un reveil difficile mais ça vaut le coup car se fut tres interessant!



Pour répondre à cette problématique, rien de tel que des rencontres. On discute donc avec les personnes présentent dans l'hôtel, comme Buru, un guide. Il nous explique qu'il descend ses deux client demain au port pour Bali et qu'il rentre ensuite sur Malang avec son chauffeur...à vide! Il en fallait pas plus! Pour quasiment peanuts on va pouvoir retourner au centre de l'île, de surcroît dans un minibus hyper confortable!

Tout le monde est gagnant, pour eux c'est direct dans leur poche sans passer par leur chef, et pour nous...

En plus son chef a un hotel top pas cher, que demande le peuple! On arrive donc le lendemain à 18h à Malang, le temps de se changer et on invite Buru à diner dans une de ses adresses, un resto typique javanais!

Top soirée à discuter de tout et de rien autour d'une nourriture excellente!
Mardi c'est le retour, l'avion étant en début d'aprem faut pas trop qu'on traine... Après une longue hésitation sur le trajet et le moyen de transport (train, transport publique ou taxi) on opte pour le taxi pour deux raisons assez simples. En transport publique on serait obligé de passer par Surabaya, perte de temps énorme, et de Surabaya reprendre un autre transport pour l'aéroport... L'autre raison c'est le fameux incident géologique qui s'est produit sur Java en 2006 lors d'un forage, http://lephoenix.wordpress.com/2006/12/23/le-drame-des-boues-de-larchipel-de-java/. Et ça c'est pile-poil à coté de l'autoroute qui est donc fermé depuis... Conséquence: un trafic assez fou sur les routes secondaires qui multiplie le temps de trajet entre les deux grandes villes de l'est Java par plus de 2. Et puis voilà, c'est le retour à Sin! Pour une fois on rentre tôt, ce qui est assez agréable pour pouvoir être d'attaque pour la suite... Bon pour ma part ça s'est un peu compliqué... 40°C de fièvre en arrivant à la maison, je sais pas ce que j'ai chopé sur cette île... mais c'est bon, ça va mieux!
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